DH-MC srl

Ingénieur-conseil amiante

La Belgique a non seulement toujours beaucoup utilisé l’amiante (importation, transformation, exportation), mais, pendant de nombreuses années, elle a également été le plus grand utilisateur d’amiante au monde en kilos par habitant !
Ce produit efficace et peu coûteux s’est malheureusement avéré être un tueur silencieux. Ses avantages allaient de pair avec des risques élevés : non seulement les gens tombaient malades à cause de l’amiante, mais ils en mouraient aussi.

Ce qui rend ce matériau si dangereux, c’est sa caractéristique de se désagréger en fibres extrêmement fines. Celles-ci sont si légères qu’elles restent longtemps dans l’air et sont facilement respirées, ce qui peut causer des maladies graves comme l’asbestose et différentes sortes de cancer (mésothéliome, mais aussi cancer du larynx et du poumon). En outre, ces maladies surviennent des dizaines d’années après l’exposition à l’amiante. C’est en partie la raison pour laquelle la société a pris conscience trop tard des dommages causés par l’amiante.

Les effets sur la santé humaine d'une exposition à l'amiante sont bien documentés. Les fibres d'amiante sont facilement inhalées et transportées vers la partie inférieure des poumons, là où elles peuvent causer des fibroses pulmonaires (asbestose) ainsi que des changements au niveau de la muqueuse de la cavité thoracique (plèvre). Ces maladies peuvent mener à une fonction respiratoire diminuée et à la mort. Une inhalation à long terme des fibres d'amiante augmente également le risque de cancer du poumon et de mésothéliome.
La cardiomégalie peut également se manifester comme effet indirect de la résistance accrue du flux sanguin dans les poumons.


Les gens sont plus susceptibles de présenter des troubles de santé liés à l'amiante :

  • s'ils sont exposés à de fortes concentrations d'amiante;
  • s'ils y sont exposés pendant des périodes prolongées;
  • s'ils sont exposés à l'amiante plus fréquemment.

L'inhalation de fibres d'amiante peut entraîner quatre types d'anomalies non cancéreuses sur la muqueuse de la cavité thoracique (plèvre). Parmi celles-ci figurent :

  • les dépôts de collagène localisés (plaques pleurales);
  • l'accumulation de liquide dans la cavité pleurale (épanchement pleural);
  • l'épaississement diffus et la fibrose de la plèvre;
  • l'affaissement des alvéoles pulmonaires ou l'atélectasie arrondie (une maladie qui se manifeste par une zone de fibrose pleurale qui s'étend au poumon, bloquant ainsi la ventilation d'air dans une partie du poumon).

De 10 à 60 % des travailleurs de l'amiante présentent ces anomalies pleurales. Elles sont également courantes chez les membres de la famille des travailleurs de l'amiante, vraisemblablement en raison de l'exposition aux fibres d'amiante transportées à la maison sur les vêtements de travail.


Dans de nombreux cas, on n'observe la formation de plaques pleurales que 20 à 30 ans après l'exposition. L'épanchement pleural (excès de liquide entre les deux membranes enveloppant les poumons) est habituellement observé dans les 10 ans suivant l'exposition.

Un petit nombre d'études ont montré que l'exposition à l'amiante augmente de façon importante l'incidence de laryngite.

Plusieurs études ont été réalisées sur les effets de l'exposition à l'amiante sur le système immunitaire. La plupart d'entre elles ont montré que la fonction du système immunitaire se trouve réduite chez les travailleurs atteints d'amiantose. On n'a pas déterminé si les changements de la fonction immunitaire sont la cause ou le résultat de l'asbestose. Chez les travailleurs qui sont exposés à l'amiante mais qui ne montrent pas les signes cliniques de l'asbestose, la diminution de la fonction immunitaire est faible ou aucun changement n'a été remarqué.


L'exposition à l'amiante peut être un facteur causal dans le développement d'une maladie rare connue sous le nom de fibrose retropéritonéale. Cette maladie se manifeste par la formation d'une masse fibreuse derrière la membrane de la muqueuse de la cavité abdominale, qui peut entraîner une insuffisance rénale. Une étude cas-témoins ainsi que de nombreuses observations indiquent que l'exposition à l'amiante pourrait être un facteur de risque important de fibrose rétropéritonéale.

Le risque de développer un cancer du poumon après une exposition à l'amiante dépend d'un certain nombre de facteurs, parmi lesquels les plus importants sont :

  • le niveau (quantité) et la durée (temps) de l'exposition;
  • le temps écoulé depuis l'exposition;
  • l'âge auquel l'exposition a eu lieu;
  • les antécédents de tabagisme de la personne exposée;
  • le type et la taille des fibres d'amiante.

Le temps moyen s'écoulant entre l'exposition et l'apparition du cancer (période de latence) est de 20 à 30 ans. Même si le cancer du poumon est généralement associé à des expositions à l'amiante à long terme, certaines études indiquent que des travailleurs exposés à l'amiante pendant un à douze mois montraient un risque accru de développer un cancer du poumon des années plus tard. On a également recensé des cas de cancer du poumon chez les personnes vivant avec les travailleurs de l'amiante et les membres de leurs familles.


On n'observe généralement aucun symptôme au stade précoce de la maladie. Lorsque les symptômes se manifestent, le cancer a souvent atteint un stade avancé. Les symptômes du cancer du poumon comprennent une toux chronique, une perte de poids, un essoufflement, de la fièvre et des douleurs thoraciques. Ces symptômes sont aussi couramment associés à d'autres maladies pulmonaires, c'est pourquoi il est nécessaire d'effectuer des analyses de laboratoire, notamment une radiographie pulmonaire, pour confirmer le diagnostic.

Le mésothéliome est relativement rare au sein de la population en général, mais il est souvent observé chez les travailleurs de l'amiante et parfois chez les membres de leurs familles ou les personnes vivant avec eux. Les études cas-témoins montrent une forte corrélation entre l'exposition professionnelle à des fibres d'amiante et le développement d'un mésothéliome.


Le mésothéliome malin est un cancer virulent, habituellement mortel, constitué à partir des cellules du mésothélium qui forment la muqueuse des cavités pleurale (poumon), péritonéale (abdomen) et péricardique (cœur). Pour le mésothéliome, la période de latence est généralement de 30 à 40 ans, avec les plus longues périodes observées en présence de plus faibles niveaux d'exposition à l'amiante. Les travailleurs exposés à des quantités élevées d'amiante avalent probablement des fibres d'amiante (lorsque les fibres sont évacuées des voies respiratoires par le mucus pour être ensuite avalées), ce qui peut contribuer au développement de mésothéliome au niveau de la muqueuse de la cavité abdominale (péritoine).


On a également relevé des cas de mésothéliome chez les personnes vivant avec les travailleurs de l'amiante ou les membres de leurs familles, vraisemblablement causés par une exposition aux fibres d'amiante transportées à la maison sur les vêtements de travail.


Comme pour le cancer du poumon, plusieurs études ont montré que le risque de mésothéliome après une exposition à l'amiante dépend du temps s'étant écoulé depuis l'exposition, le risque augmentant de façon exponentielle avec le temps, après environ 10 ans. Les premières études montraient que le diagnostic de mésothéliome était mortel dans un court laps de temps (souvent en quelques mois), mais d'autres études indiquent que la période de survie après le diagnostic peut être influencée par l'intensité de l'exposition. Certains scientifiques croient qu'une détection précoce du mésothéliome et une intervention rapide peuvent augmenter les chances de survie. Contrairement au cancer du poumon, l'effet de l'amiante sur le risque de mésothéliome ne semble pas augmenter avec le tabagisme.


Les patients chez qui un mésothéliome pleural a été diagnostiqué ressentent souvent des douleurs thoraciques, de la douleur aux épaules et une toux sèche. À mesure que le cancer progresse et que la tumeur grossit, on peut également observer une perte de poids, de la faiblesse et de la fièvre.

En Belgique, depuis le début des années 1970, une progression marquée du nombre de demandes d'indemnisation pour des asbestoses et des affections bénignes est observée, avec un pic de près de 400 demandes par an au début des années 1990, puis une diminution progressive. Depuis les années 1980, ce sont les demandes d'indemnisations pour les mésothéliomes (cancers) qui augmentent peu à peu. Cette différence dans l'évolution des demandes d'indemnisation pour des asbestoses et des affections bénignes et pour des mésothéliomes est due à la différence de temps de latence entre l'exposition et l'apparition de la maladie.

Ce temps est plus court pour les asbestoses et les affections bénignes que pour les mésothéliomes. Ceci permet d’expliquer qu’une trentaine d'années après le pic d'utilisation de l'amiante (années 1960-1970), les asbestoses et les affections bénignes reculent, alors que les mésothéliomes sont encore en augmentation.

                                                      Données : rapport AFA 2012 et indicateurs de la Task force « développement durable » du Bureau fédéral du Plan 

Le Fonds amiante (AFA) est une initiative de l'autorité fédérale. Depuis le 1er avril 2007, il est possible d'obtenir une réparation si l'on a contracté une maladie en raison d'une exposition à l'amiante. Il faut toutefois remplir quelques conditions supplémentaires. Ainsi, l'AFA peut uniquement verser des indemnités aux victimes de mésothéliome ou d'asbestose (ou épaississements pleuraux bilatéraux diffus). Ces deux maladies graves peuvent uniquement être contractées suite à une exposition à l'amiante. En cas de décès de la victime, l'AFA versera une indemnité aux éventuels ayants droit.

Risques de l'amiante

Des fibres dans l'air...

Effets sur la plèvre

Effets sur le larynx

Effets sur le système immunitaire

Cancer du poumon

Mésothéliome

En Belgique...